Communiqués de Presse
Déclaration à la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord Kivu et au Sud Kivu faite par Tim Shortley, Conseiller pour la résolution de conflit auprès de la Secrétaire d’Etat adjointe en charge des affaires africaines, Jendayi Frazer
Monsieur le Président de la Conférence, Vos Excellences, Distingués Invités, Membres de la Société Civile, Mesdames et Messieurs, c’est un grand honneur pour moi d’avoir l’opportunité de m’adresser à vous à l’occasion de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord et au Sud Kivu.
- Tout d’abord, j’aimerais vous dire clairement que les Etats-Unis appuient fortement cette Conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord et au Sud Kivu et que nous sommes prêts à soutenir la mise en œuvre des résolutions si urgemment attendues qui seront émises par les participants.
- Hier, les différentes interventions ont soulignées l’impérieuse nécessité de passer à l’action pour mettre fin à la violence et pour trouver la paix. Certains intervenants ont mis l’emphase sur l’occasion unique que représente cette conférence. Des appels passionnés encourageant à « saisir l’occasion donnée» et rappelant que « le temps pour la paix est venue » ont été répétés par chaque intervenant, comme un écho à ce que Dr. Martin Luther King, notre plus grand prophète de la paix, avait décrit comme « l’urgence critique du Présent » dans son discours « I have a dream ».
- Fidèle à cette idée de « l’urgence critique du Présent », les Etats-Unis sont prêts à soutenir le bon déroulement de ce processus aujourd’hui, demain, et pendant toute la durée de cette conférence afin d’assurer une fin rapide du conflit.
- Cette urgence nécessite que tous les participants s’accordent sur les mêmes principes et priorités et que les solutions proposées s’insèrent dans ce cadre. La souveraineté de l’Etat, la bonne gouvernance et l’état de droit, une seule Armée, et la protection des droits individuels à vivre sans peur et persécution sont les idées essentielles qui doivent guider notre travail
- Atteindre les priorités que sont la paix, la sécurité, et le développement va nécessiter des décisions difficiles et la recherche des intérêts du peuple Congolais par-dessus les intérêts de groupes ou d’individus particuliers. La paix est le sine qua non pour le développement des institutions congolaises. C’est exactement ce que les Chefs d’Etats participants au sommet de la Tripartite-Plus accueilli par la Secrétaire d’Etat Rice à Addis-Ababa en décembre 2007 ont conclus.
- En effet, pendant cette réunion, les Chefs d’Etats et leurs représentants se sont accordés sur les points suivants:
- Les institutions d’Etat congolaises doivent être renforcées en particulier dans les secteurs de sécurité – secteur pré-requit pour la recherche de solutions durables aux problèmes d’insécurité à l’Est du pays. Les participants se sont engagés à appuyer le renforcement rapide de ces institutions.
- Aucun Etat membre n’abritera des forces négatives. Les participants se sont de nouveau engagés publiquement sur le fait qu’ils refusent d’abriter ou de soutenir n’importe quel élément des forces négatives.
- Les accords existants entre les Etats membres doivent être mis en œuvre de façon urgente. Ceux-ci comprennent notamment le Communiqué de Nairobi du 9 novembre signé par les gouvernements du Rwanda et de la RDC.
- Nous devons être clairs. La construction des institutions nécessaires pour appuyer la souveraineté de l’Etat congolais, une Armée nationale congolaise, et la protection des droits individuels de tout Congolais nécessite la paix. Ce consensus a été atteint à Addis-Ababa et son importance m’amène a le répéter aujourd’hui.
- Cette paix sera uniquement atteinte quand tous les groupes armées, étrangers et nationaux, déposeront leurs armes et entreront, soit dans le processus de brassage ou de désarmement/démobilisation/réintégration - le DDR, soit ils accepteront d’être rapatriés ou relocalisés. Ceci concerne les FDLR comme mentionnés ci-haut, ainsi que les forces de Nkunda, PARECO, et les Mai Mai. La protection des combattants qui choisissent de déposer les armes et de la population civile sera assurée par le gouvernement avec l’appui de la communauté internationale.
- Au-delà du brassage et du DDR, votre Conférence doit transformer le cessez le feu en place en un accord durable et de long-terme. Elle doit travailler avec la MONUC pour lui permettre d’accroitre sa présence dans les zones dans lesquelles les groupes armes seront désarmés, tout en protégeant la population civile et les troupes qui se dirigent vers le brassage et le DDR.
- La paix peut venir au Nord Kivu et au Sud Kivu si tous les combattants respectent ces principes.
- Si la paix est rétablie aux Kivus, les Etats-Unis se tiennent prêts à:
- Assister le retour de déplaces et des réfugiés chez eux, et
- Aider à la reconstruction des communautés détruites par des décennies de violence et de conflits meurtriers
- Aider à l’établissement des institutions de sécurité de la RDC et à étendre l’autorité de l’Etat et sa capacité à aider le gouvernement national et les institutions locales à répondre aux besoins du people congolais.
- Mettre fin à la violence aidera aussi à mettre fin à l’épidémie de violences sexuelles et aidera également à la protection des droits des femmes et enfants. Nous sommes engagés à protéger tout les groupes vulnérables.
- Pour conclure, j’ai le privilège aujourd’hui de vous lire un message de notre Secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice. Ce message sera également diffusé à Washington et à Kinshasa.
- Les États-Unis sont heureux et fiers d’apporter leur soutien à la Conférence pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et le Sud Kivu. Nous considérons la conférence comme le prolongement d’un processus inclusif initié à Lusaka et récemment complété par les communiqués de Nairobi et d’Arusha. Cette conférence, qui a pour but de résoudre les causes profondes du conflit dans l’Est de la RDC, complète et met en œuvre en urgence un cadre nécessaire pour bâtir une paix durable.
- Les Etats-Unis croient fermement que ce processus est le meilleur chemin vers une paix durable et vers la prospérité dans les Kivus. Les États-Unis appuient de tout leur poids les efforts du gouvernement de la République démocratique du Congo pour rétablir la paix dans l’Est du pays.
- J’aimerais de nouveau vous remercier pour l’occasion que vous m’avez accordée de m’adresser à vous aujourd’hui. Les Etats-Unis sont prêts à vous porter assistance pour trouver une paix durable pour le Nord et le Sud Kivu.


